Allergie aux médicaments : réelle ou supposée ?

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Allergie aux médicaments : réelle ou supposée ?

Se manifestant généralement par des réactions cutanées, l'allergie aux médicaments est souvent sur-diagnostiquée à tort. Le comportement d'évitement qui s'ensuit n'est donc pas toujours justifié et peut poser problème. Il est essentiel de réaliser un bilan allergologique afin d'en avoir la preuve.

Différencier l’allergie supposée de l’allergie réelle aux médicaments



On a trop souvent tendance à associer urticaire et allergie, en oubliant que les infections et les maladies elles-mêmes peuvent aussi provoquer des éruptions de boutons. C'est ainsi que les allergies aux médicaments sont souvent sur-diagnostiquées. Par exemple, pour la pénicilline, l'exploration allergologique révèle l'absence d'allergie dans huit cas sur dix. Certains médicaments à base de cortisone peuvent aussi entraîner une rougeur de la peau. D'autres, comme des antibiotiques de la famille des tétracyclines, sont susceptibles d'induire des réactions de photosensibilisations, tandis que les sirops codéïnés ou l'antibiotique Vancomycine peuvent libérer de l'histamine (substances produites par l'organisme, responsables de la plupart des réactions allergiques immédiates). Toutes ces réactions ne signent pas forcément une allergie.
Or, qu'elle soit réelle ou supposée, elle induit un comportement d'éviction avec le médicament incriminé. Et parfois, les médicaments alternatifs provoquent d'autres effets secondaires. D'où l'intérêt de rechercher s'il s'agit vraiment d'une allergie.
Certes, en cas d'éruption cutanée, la bonne attitude est d'arrêter de prendre le médicament suspect. En revanche, l'arrêt à vie n'est souvent pas justifié, d'où l'intérêt de faire un bilan allergologique.




Quels sont les symptômes d’une allergie aux médicaments ?

Les plus fréquents sont les urticaires, viennent ensuite les oedèmes des paupières, les gonflements généralisés du visage et les petits boutons disséminés sur tout le corps qui ne démangent pas forcément. Mais les réactions sont très hétérogènes et peuvent aussi se manifester par de l'eczéma, des rougeurs diffuses et étendues avec de la fièvre ou encore provoquer des crises d'asthme, voire toucher des organes profonds comme les reins ou le foie.




Quels sont les médicaments les plus souvent incriminés ?

La pénicilline, les anti-inflammatoires non stéroïdiens (ne contenant pas de cortisone) comme l'aspirine, l'ibuprofène ou le piroxicame, les anesthésiques comme le curare, etc.




Les génériques sont-ils plus allergisants ?

Le principe actif étant identique, seuls les excipients sont parfois différents. Or les allergies aux excipients sont plutôt rares et il s'agit le plus souvent des sulfites et des parabens. Il faut donc retenir, qu'à moins d'être allergique à un excipient, si on n'est pas allergique à un médicament donné, il ne faut pas avoir peur de prendre sa version générique.




Quelle est la bonne démarche ?

En cas de réaction cutanée, il est nécessaire d'arrêter immédiatement le médicament et de prendre contact avec son médecin, lequel orientera rapidement vers un allergologue, voire vers un centre spécialisé le cas échéant.
Il est très souvent utile de photographier l'état de sa peau.
L'allergologue mènera une enquête poussée : temps de réaction après la prise du médicament, prises d'autres médicaments (sirop…), circonstances de la réaction (pendant un repas, effort physique, exposition au soleil…), etc. Si le rôle du médicament se confirme, l'exploration se poursuit.




En cas de réaction allergique de type immédiate

On réalise des prick-tests (introduction dans l'épaisseur de la peau d'un extrait allergénique à l'aide d'une minuscule pointe, la réaction positive se traduisant par une rougeur et une démangeaison) et éventuellement des tests intradermiques (introduction cutanée plus profonde de l'extrait). L'interprétation des résultats peut amener à pratiquer d'autres examens (examens biologiques, tests de provocation alimentaire…). Mais globalement, si le test est positif, la personne est diagnostiquée allergique, tandis que si le test est négatif, on procède à une réintroduction sous haute surveillance médicale, en débutant avec des doses très faibles et on arrête dès les premiers signes de réaction. En l'absence de réaction, la personne est diagnostiquée non allergique.




En cas de réaction allergique non immédiate

On recourt à des patches (une dose de médicament est placée sur un pansement) et on observe la réaction immédiate, puis à 2, 3 et 8 jours. En cas de positivité, la personne est diagnostiquée allergique, sinon on procède à un test de réintroduction.




Conseils pratiques en cas d’allergie aux médicaments

Porter sur soi une carte d'identité de l'allergique indiquant la molécule provoquant la réaction allergique.

Lire systématiquement les notices des médicaments.

Connaître la dénomination commune internationale (DCI) de la molécule à laquelle on est allergique. Par exemple, la DCI de l'aspirine est l'acide acétylsalicylique.

Se faire remettre par son médecin la liste de tous les produits à risque. Par exemple, certains bains de bouche, shampoings anti-pelliculaires ou produits contre les cors aux pieds peuvent contenir de l'aspirine.

Etablir avec son médecin une liste des médicaments que l'on peut prendre (plus intéressant qu'une liste des médicaments qu'on ne peut pas prendre), à mettre à jour au fil des ans.

À savoir

Comme l'indique le Pr Pascal Demoly (pneumologue et allergologue, Montpellier) lors du 1er congrès français d'allergologie, le risque de contact accidentel est exceptionnel et on trouve toujours un médicament qui remplace celui auquel on est allergique.

1er congrès français d’allergologie, Paris 12 au 14 avril 2006, communication du Pr Pascal Demoly, pneumologue et allergologue, Unité d'exploration des allergies à l'Hôpital Arnaud de Villeneuve, Centre Hospitalier Universitaire de Montpellier.

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