Médecine : les vérités changent régulièrement

Actualité culinaire d'algérie

Médecine : les vérités changent régulièrement

La médecine change sous nos yeux et ce qui était vrai il y a dix ans ne l'est quelques fois plus. Les exemples ne manquent pas. L'erreur la plus fréquente est celle de la relation théorique. Par exemple, prévenir les accidents cardiaques après la ménopause par des estrogènes ou encore prévenir l'anémie par du fer. Les études contredisent de temps en temps les idées reçues.

Le manque d’estrogènes n’explique pas nécessairement l’augmentation des infarctus après la ménopause

L’étude WHI (Women Health Initiative) a représenté un tournant majeur en ce début de 21e siècle. A l’époque, le corps médical pensait que les troubles qui apparaissaient après la ménopause, comme l’augmentation des infarctus, étaient dus à la perte de la sécrétion d’estrogènes. C’est donc tout naturellement que l’on pensait que la prévention secondaire des infarctus (après un premier infarctus) passait par la prescription d’estrogènes. L’étude WHI a montré à grande échelle que c’était faux. Non seulement les femmes sous traitement hormonal substitutif (THS) de la ménopause ne faisaient pas moins d’infarctus ni d’autre complication que les autres, mais elles présentaient un peu plus de cancers du sein (et un peu moins de cancers du côlon). Bref, on avait tout faux. Autrement dit, cela vaut le coup de vérifier ce que l’on croit avec des études solides.

Mais les choses sont loin d’être simples. Des études sont en cours qui elles, montreraient un bénéfice des estrogènes en prévention primaire des infarctus, c’est-à-dire avant d’en avoir déjà fait un. Ces nouvelles données seraient amenées à bouleverser la donne dans l’autre sens…

La supplémentation systématique en fer des nourrissons en prévention des anémies fait plus de dégâts que l’absence de traitement

Une autre idée reçue vient de tomber. Dans les pays où sévit un paludisme endémique, on constatait que les enfants décédaient souvent d’anémie. L’Organisation mondiale pour la santé (OMS) recommandait donc depuis longtemps d’instaurer une supplémentation systématique en fer et en acide folique chez les nourrissons de moins de deux ans vivant dans ces pays. Une équipe américaine a suivi 24.000 petits pour vérifier le bien-fondé de cette recommandation… L’étude a dû être stoppée en cours de route : ceux qui prenaient du fer ont vu leur risque de développer une maladie sévère, voire mortelle, augmenter de 12% par rapport à ceux qui ne prenaient que du placebo, autrement dit rien. Là encore, la logique intuitive n’a pas été vérifiée.

Face à une belle histoire, toujours se demander si elle a été vérifiée scientifiquement

Les exemples ne manquent pas, l’un des plus connus étant la relation entre le stress et l’ulcère d’estomac : elle était évidente dans les années 80, elle est fausse maintenant que l’on sait que l’ulcère est une infection bactérienne.

Citons un dernier exemple qui date de cette année. On pensait jusqu’à maintenant que les maladies infectieuses (pour lesquelles un vaccin existe) qui provoquaient le plus de décès chez les enfants étaient dues au pneumocoque. Eh bien c’est la grippe qui arrive en tête, dans les dernières statistiques américaines. Faudra-t-il, comme au Japon, vacciner tout le monde contre la grippe, enfants compris ?

Retenons en conclusion qu’il faut être ouvert à la contradiction, car les vérités d’hier sont fragiles face aux études d’aujourd’hui. Et méfions-nous de la logique, elle est souvent trompeuse.

Prenons un dernier exemple pour enfoncer le clou : une phobie est probablement due à une frayeur psychologique survenue dans l’enfance. Là encore cela paraît logique, et chercher la cause doit permettre de résoudre le problème (approche psychanalytique). Eh bien la psychanalyse est très peu performante et pour guérir des phobies, il vaut bien mieux s’entraîner à les affronter (approche comportementale et cognitive). Cela a été démontré ces dix dernières années. Restons donc vigilants et intéressons-nous à la médecine qui bouge !


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